9 février 2021 : Récupération des pompes in-situ

A cette station, le fond était de 3705m. Et c’était notre 11ème déploiement de pompes in-situ. Il nous en reste 17…

Revenons quelques heures plus tôt. 20h, les scientifiques préparent les filtres. On s’habille en cosmonaute pour ne pas mettre des poussières partout, on ouvre un porte- filtre, on met un filtre, on referme le porte-filtre, et on recommence 15 fois… Ces filtres à particules et à eau de mer sont ensuite installés sur les pompes. Puis, à 4h du matin, l’équipe technique remplace les batteries et programme les pompes pour qu’elles se déclenchent automatiquement à 7h du matin, le chronomètre est lancé. 

Vite, vite, il faut alors que les marins déploient les pompes avant qu’elles se déclenchent. La première pompe est fixée sur un câble lesté, puis on file le câble à la profondeur désirée. On installe une autre pompe et ainsi de suite. L’opération dure tout de même 2h.

Les pompes pompent, pendant 3 heures, entre 250 et 1000 litres. Celles situées en surface pompent moins car il y a plus de particules, ce qui obstrue les filtres.

Mais au fait, qu’est-ce qu’une pompe in-situ ? Et à quoi ça sert ?

D’abord une pompe c’est… une pompe. L’appareil aspire de l’eau d’un côté et la recrache de l’autre. A environ 7L/min. “In-situ”, ça veut dire sur site. C’est-à-dire qu’on ne remonte pas des centaines de litre sur le bateau, mais on filtre directement dans la colonne d’eau. Ces pompes sont donc déployées à différentes profondeurs clés identifiées par les scientifiques pour prélever les petites particules marines en suspension. 

Pourquoi ? Les bouteilles de 12L remontées de la bathysonde ne suffisent-elles pas ?

Ben non, pas pour les éléments étudiés par les scientifiques concernés par les pompes in-situ. Ils sont en trop faible quantité pour être détectés dans 12L d’eau. Donc on pompe plusieurs centaines de litres pour accumuler suffisamment de matière pour mesurer entre autres les métaux traces, , les isotopes du néodyme ou encore des éléments radioactifs comme le radium ou le thorium. 

Nous disposons de 13 pompes. 7 appartiennent au parc national d’instrumentation océanographique, et 5 autres nous ont été prêtées par les collègues de l’Université of British Columbia du Canada.

Après récupération, les scientifiques récupèrent les filtres à particules et les filtres à eau de mer et les découpent pour se partager la récolte. Puis, ils les reconditionnent pour le déploiement suivant. Une partie des filtres est analysée à bord pour la mesure du radium et du thorium. Les autres sont emballés pour être ramenés à terre pour des mesures complémentaires. Les batteries des pompes sont changées par l’équipe technique.

Puis à la station suivante, c’est reparti pour un tour !

Les pompistes

Récupération des pompes in-situ. Au premier plan en rouge, Nolwenn Lemaitre démonte un porte-filtre. Au second plan en jaune, entouré des marins, Pieter Van Beek place un sac plastique sur le porte-filtre pour le protéger de l’environnement métallique. Au milieu en orange, une clef de 17 dans la main pour aider au démontage, Emmanuel de Saint-Léger veille au bon déroulement des opérations. ©Fabien Perault
Dans la bulle à filtres. Avant et après le déploiement, Marion Lagarde et Nolwenn Lemaitre montent et démontent minutieusement les porte-filtres pour récupérer et découper les filtres. En début de mission, elles ont installé une « bulle » dans un container-laboratoire. C’est une zone rendue métal-propre grâce à des bâches plastique sur les parois et une hotte qui génère de l’air filtré à l’intérieur. ©Virginie Sanial.

Auteurs : Fabien Perault, Virginie Sanial, Emmanuel de Saint Léger, Nolwenn Lemaitre, Marion Lagarde, Frédéric Planchon, Edwin Cotard et Pieter van Beek.

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